• Festival,

Budget 2026 de l’Université Paris Nanterre - alerte sur une situation financière critique

À Nanterre, le 19 décembre

L’Université Paris Nanterre adopte un budget 2026 fortement déficitaire, révélateur de difficultés financières structurelles, conformément aux alertes répétées adressées à ses tutelles. Dans un contexte budgétaire extrêmement contraint, l’établissement appelle à un soutien financier renforcé et durable de l’État pour assurer ses missions de service public.

Le Conseil d’administration de l’Université Paris Nanterre a adopté, le 15 décembre 2025, le budget initial 2026 de l’établissement. Ce budget, fortement déficitaire, met en lumière une situation financière critique, dans un contexte de fragilisation croissante de l’ensemble des universités françaises.

Si de nombreuses universités sont en difficulté financière, l’Université Paris Nanterre l’est davantage. L’établissement est loin de remplir les trois critères du décret financier qui régit le fonctionnement des établissements de l’ESR :
  • Le fonds de roulement, établi difficilement à 0 (zéro) euro lors du budget rectificatif 2025, sera fortement déficitaire à hauteur de -25,5 M€ fin 2026 ;
  • Le niveau de trésorerie ne cesse de baisser pour atteindre un niveau négatif à hauteur de -3,1 M€ fin 2026 ;
  • Enfin, la masse salariale compte pour près de 93% sur le total des produits encaissables, alors que le seuil autorisé est fixé à 85%.
Cette situation résulte de facteurs structurels :
  • Une sous-dotation historique et des contraintes immobilières lourdes, sur lesquelles l’établissement alerte ses tutelles de longue date ;
  • La non-compensation, partielle ou totale, par l’État de mesures nationales (CAS pension, protection sociale complémentaire, augmentation des indices) ;
  • L’incertitude sur le niveau de la subvention pour charges de service public pour 2026.
En raison de la sous-dotation, le fonctionnement de l’Université Paris Nanterre est depuis longtemps fragilisé. D’une part, alors même que son plafond d’emplois est quasiment consommé (99,44 %), l’établissement ne bénéficie que de 3,1 personnels administratifs et techniques pour 100 étudiants, quand la moyenne nationale est à plus de 4,6. D’autre part, la dotation annuelle pour fonctionnement est à 11M€, quand l’Université Paris Nanterre en dépense 30 M€ de manière incompressible chaque année, notamment du fait du coût élevé de l’entretien et de la maintenance de ses bâtiments anciens.

Aujourd’hui, la situation n’est plus seulement dégradée, elle est intenable : un risque fort pèse sur la capacité de l’Université Paris Nanterre de mener à bien ses missions.

L’avis réservé du Rectorat sur le budget initial 2026 de l’Université (du fait du non-respect des trois critères du décret financier) place l’établissement dans l’obligation de présenter, dans les quatre mois, un plan de retour à l’équilibre financier (PREF) qui détaillera un ensemble de mesures structurelles pour retrouver une trajectoire favorable. Il reste que le retour à l’équilibre financier ne pourra être atteint sans un soutien financier renforcé et durable de l’État.

Forte d’une motion adoptée par son conseil d’administration le 15 décembre 2025 sur la dégradation structurelle financière de l’université et sur l’insuffisance de sa dotation annoncée pour 2026, l’Université Paris Nanterre demande l’augmentation de sa subvention pour charge de service public indispensable à la poursuite de ses activités.
Dates
Créé le 19 décembre 2025

Mis à jour le 19 décembre 2025