Réouverture de l'Université Paris Nanterre

Publié le 11 octobre 2026 – Mis à jour le 11 octobre 2026

L'Université Paris Nanterre rouvre ses portes lundi 12 octobre.

Date(s)

le 12 octobre 2026

Message de la présidente

Chères étudiantes, chers étudiants, 
Chères et chers collègues, 

La mobilisation nationale lycéenne et étudiante se poursuit. Par les enjeux qu’elle porte sur les moyens et les conditions d’étude et de travail dans l’enseignement secondaire et supérieur, elle nous concerne toutes et tous. 

Notre Université est gravement fragilisée par l’insuffisance des moyens qui nous sont alloués pour assurer notre mission de service public d’enseignement et de recherche. Nos bâtiments ont besoin d’être rénovés et adaptés aux défis climatiques notamment. Depuis plusieurs années, nous alertons sur la situation de notre établissement et, plus généralement, sur les difficultés croissantes que traverse le système universitaire français et dont les conséquences touchent directement les conditions de vie, d’étude, de réussite et d’insertion professionnelle des étudiants et des étudiantes, ainsi que les conditions de travail des personnels. Ces alertes trouvent aujourd’hui écho dans les revendications portées par la jeunesse lycéenne et étudiante. Il est essentiel que ces dernières soient entendues, d’abord par un dialogue attentif, puis par des réponses concrètes dans le budget national 2027.

Dans notre Université, la mobilisation s’est jusqu’à présent essentiellement traduite par des blocages, même si des échanges ont aussi pu se tenir dans les espaces qui ont été mis à disposition, à la demande d’organisations syndicales et représentatives étudiantes, ainsi que d’UFR ou de départements. En empêchant l’accès aux locaux, les blocages ont rendu impossible de conduire nos activités dans des conditions sereines, entraînant la fermeture de l’ensemble des sites jusqu’au samedi 10 octobre inclus. Cette situation, source de conditions d’étude et de travail dégradées, a contraint à reporter ou annuler un nombre très important d’activités d’enseignement, de recherche, d’activités administratives, d’actions au service de notre vie culturelle, scientifique, sportive, associative, ainsi que des événements importants, tels que la Nuit du droit, la Fête de la science, Livres en don ou encore l’ouverture de la saison Méditerranée, sur lesquels vous avez été très nombreux à vous investir. Nous ne pouvons que le regretter. 

Notre Université doit demeurer ouverte. Il en va non seulement de sa mission de service public d’enseignement et de recherche, mais aussi de sa fonction essentielle d’offrir des lieux de réflexion, de débat, à des fins d’émancipation. Les opinions de notre communauté doivent pouvoir s'exprimer dans le respect mutuel. Les enjeux concernant la jeunesse sont au cœur de notre mission en tant que membres de la communauté universitaire ; ils constituent l’un des champs forts de notre recherche.

Ainsi, notre Université rouvre ses portes lundi 12 octobre. 

Il est essentiel que l’accès aux locaux soit possible pour l’ensemble des personnels et des étudiants qui le souhaitent : 

 
  • Les activités d’enseignement doivent pouvoir se tenir, en respectant la liberté pédagogique de chacune et de chacun. Il en va de la continuité pédagogique que nous devons à nos étudiantes et étudiants, face au risque croissant d'isolement et de décrochage. Nous sommes largement convaincus qu'un recours au distanciel en lieu et place de cours prévus sur site constituerait une dégradation supplémentaire des conditions de travail et d’étude. Seul un retour rapide à un fonctionnement normal permettra de l’éviter.

 
  • De même, les autres activités associées aux missions de l’université doivent pouvoir se dérouler sur site sans entrave : recherche, administration générale de l’établissement, inscriptions, accompagnement médical et social des étudiantes et étudiants notamment. En effet, des inquiétudes grandissent face à l'impossibilité d'accéder aux services de santé, de handicap, de soutien aux plus précaires, en particulier pour l’accès à une alimentation normale.  

 
  • Les instances (conseils centraux, conseils d’UFR...), indispensables au fonctionnement démocratique de notre établissement, doivent pouvoir se tenir.

Il est également essentiel que celles et ceux qui souhaitent exprimer leur soutien à la mobilisation nationale en cours sur les enjeux majeurs d’avenir de la jeunesse et des moyens nécessaires pour l’enseignement secondaire et supérieur puissent le faire, d’une manière qui n'affaiblisse pas davantage notre établissement. 

A cette fin : 

 
  • À la demande de personnels et d’étudiants, des locaux continueront d’être mis à disposition (un amphithéâtre et des salles dans le bâtiment Éphémère 2 (N)) sur des créneaux dédiés pour permettre ateliers, réunions et assemblées générales pour celles et ceux qui souhaiteraient y participer.

 
  • Exceptionnellement, le contrôle d’assiduité des étudiantes et des étudiants est levé pour l’ensemble de la semaine.

 
  • Les personnels enseignants et enseignants-chercheurs sont invités à adapter leur programme de cours, en particulier pour la journée nationale de mobilisation de mardi 13 octobre. 

Si, malgré ce message, des blocus étaient constatés, il importe que les échanges se déroulent sans tension.

J’ai conscience de la difficulté d’une telle organisation, et je remercie les équipes administratives et pédagogiques qui ne comptent pas leur temps pour permettre, jour après jour, le fonctionnement de notre établissement dans une situation aussi complexe. Je souhaite que notre Université puisse fonctionner en respectant les choix de chacune et de chacun. 

J’en appelle donc à la responsabilité de toutes et tous, étudiantes et étudiants, personnels, organisations syndicales et étudiantes, afin que nous puissions garantir l’ouverture de l’ensemble de nos sites, dans le respect mutuel, afin de réaliser toutes nos missions de service public, tout en continuant de nous mobiliser pour son avenir.

Bien sincèrement, 
Caroline Rolland-Diamond

Mis à jour le 11 octobre 2026