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Le langage en effet - Language in deed

Publié le 23 mai 2012 Mis à jour le 12 mai 2017

Textes en l’honneur de Jean-Jacques Lecercle, réunis par Chantal Delourme et Richard Pedot - Ed. Presses universitaires de l'Université Paris Nanterre

Jean-Jacques Lecercle occupe une position éminemment singulière à la croisée de la linguistique, de la philosophie et de la littérature, articulation critique des sciences humaines où le langage est interrogé dans les différentes dimensions de ses effets. C'est à travers leur commune passion pour les questions du langage que le linguiste et le philosophe sont engagés dans un dialogue ininterrompu. La pensée de Jean-Jacques Lecercle s'y déploie selon ce double mouvement qui la caractérise, de rigueur et de fantaisie, de bonheur de la proposition conceptuelle, de l'argumentation de la complexité tout autant que de plaisir pris à transformer ces scories que sont les anecdotes, les faits de langue du quotidien en véritables experimenta linguae qui font le bonheur de l'homme des savoirs.

Il apparaît comme arpenteur des règles, des systèmes, des univers de pensée, mais pour mieux s'autoriser à dire sa passion pour ce qui fait déport ou débord : la langue s'éclaire davantage depuis la « furor » qui peut la saisir et la faire délirer chez le fou littéraire ou le schizophrène, ou selon ce régime de « petite santé », dirait Gilles Deleuze, qui la fait bégayer, la dérègle pour mieux en libérer un régime autre. La force de l'œuvre de Jean-Jacques Lecercle réside dans ces déplacements de la perspective, dans cette recherche de l'altérité au sein même du champ de l'objet d'étude pour regarder l'objet depuis son ailleurs, depuis son autre, voire souvent sa limite, son dehors. La distance critique se conjugue alors à une volonté d'inquiéter dont le pouvoir heuristique est recherché.

Mis à jour le 12 mai 2017