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Communiqué - Situation de l'université - 12 décembre 2018

Publié le 12 décembre 2018 Mis à jour le 12 décembre 2018

Conformément à la motion adoptée par le conseil d’administration du 10 décembre, une réunion a été organisée hier soir. De 18h à 21h30, elle a rassemblé l’ensemble des organisations étudiantes représentatives siégeant dans les conseils centraux, des associations d’étudiants étrangers, des membres du comité de mobilisation de l’assemblée générale des étudiants, des représentants de syndicats du personnel administratif et enseignant, des directeurs d’UFR, autour de moi-même, du directeur général des services et de membres de mon équipe.

Au terme de ces longs débats, je pense être en mesure de dire qu’existe la perspective d’une large convergence, autour des deux questions fondamentales qui nous occupent en ce moment par leur urgence, à savoir l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants internationaux hors Union européenne d’une part, et le blocage de l’université d’autre part.

Sur le premier point, suite à un premier communiqué que j’avais fait partir le 30 novembre, à la motion de la CFVU du 3 décembre, à celle du CA du 10 décembre, mais aussi à des motions de conseils d’UFR de l’établissement, je rappelle la position que je porte, en interne et en externe, au nom de l’Université Paris Nanterre : nous sommes vigoureusement opposés à l’augmentation des frais d’inscription des étudiants extra-communautaires, qui ne nous apparaît pas comme la bonne réponse aux enjeux de l’amélioration de l’attractivité des universités françaises, et qui est parfaitement injuste en ce qu’elle accentue une discrimination par l’argent pour l’accès aux études supérieures.

Nous nous inscrivons d’ailleurs dans un mouvement national de contestation de cette mesure : plusieurs universités ont procédé à des votes de même nature, s’inspirant parfois des textes de notre université, et la Conférence des Présidents d’Université (CPU), représentant l’ensemble des universités françaises, a produit un communiqué, ce lundi 10 décembre, appelant très clairement le ministère à suspendre son entrée en vigueur. Ce mouvement collectif, nous devons l’amplifier, et je vais proposer aux collègues présidentes et présidents qui partagent notre analyse d’entamer des démarches communes.

Dans le strict prolongement de nos motions, je prends ici publiquement un engagement solennel : si la mesure devait néanmoins être mise en place, en dépit de nos diverses mobilisations collectives, avec l’appui du CA, je n’appliquerai pas l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-communautaires aussi longtemps que je serai président de l’université. Elle contrevient trop fortement à nos valeurs communes.

Je m’engage également, comme je l’avais déjà évoqué dans mon communiqué et comme la motion de la CFVU le précisait, à ce qu’une réflexion collective soit lancée à Nanterre, s’appuyant notamment sur les associations d’étudiants étrangers, en vue de procéder à un diagnostic précis concernant les conditions d’accueil des étudiants étrangers, et d’élaborer des propositions visant à permettre l’amélioration significative de cet accueil au sein de l’établissement. Ce travail interne sera à articuler avec la consultation nationale que la CPU appelle de ses vœux, et avec des initiatives prises dans d’autres universités, notamment au sein de l’Académie de Versailles.

Toute cette énergie collective, nous ne pourrons en permettre le déploiement que si, nous accordant sur le diagnostic et étant résolus à agir, nous avançons dans la même direction, unis. Et j’en viens donc au second point de nos débats d’hier soir. M’appuyant sur la motion du conseil d’administration, sur les remontées des personnels administratifs, des équipes enseignantes, des conseils d’UFR, et de très nombreux étudiants, j’ai rappelé la désapprobation par une très grande partie de la communauté universitaire de l’emploi du blocage comme mode d’action.

Le blocage des bâtiments conduit concrètement à empêcher l’exécution de nos missions de service public, en particulier l’enseignement et la délivrance de diplômes de qualité. Il crée de l’angoisse et de la souffrance, il entraîne une désorganisation du travail de chacune et chacun, dans un contexte déjà difficile, lié notamment à l’insuffisance chronique de moyens dans les universités. Il fragilise aussi la réussite des étudiants, il dégrade l’image de l’université, il divise et tend à monter les uns contre les autres. Ce mode d’action est largement perçu comme une forme de destruction de l’outil collectif de travail qu’est le service public universitaire. Après le véritable traumatisme collectif du printemps dernier, et l’occupation de ce début d’année, le blocage actuel ne peut qu’enfoncer l’établissement dans le découragement, dans le désarroi et dans un profond malaise.

Ce blocage est d’autant plus incompréhensible et délétère qu’il est appliqué à un établissement qui se prononce précisément contre la mesure qui a très largement, si ce n’est exclusivement, motivé la décision de blocage. Il contribue, paradoxalement, à détourner beaucoup d’entre nous de ce qui devrait mobiliser la communauté aujourd’hui — la défense de l’accès aux études en France des étudiants internationaux et, plus largement, la défense d’un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche de qualité.

A l’argument selon lequel le blocage doit permettre de faciliter la mobilisation des étudiants, je réponds que, comme nous l’avons toujours fait lors des mouvements sociaux, l’établissement donne la possibilité aux étudiants qui en font la demande de bénéficier de dispenses d’assiduité, tout comme il garantit le droit de grève des personnels. Ce rappel va naturellement de pair avec l’invitation à mettre en place une concertation collective.

C’est pourquoi, comme nous avons été très nombreux à l’exprimer hier, il est urgent de mettre un terme au blocage des bâtiments du campus de Nanterre. C’est la condition indispensable pour retrouver notre sérénité, et montrer notre capacité à nous mobiliser pour agir collectivement autour des valeurs qui nous rassemblent.

Avec mon entier dévouement

Jean-François Balaudé

Mis à jour le 12 décembre 2018