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Communiqué du 15 mai 2018 - Bien terminer l’année universitaire

Publié le 15 mai 2018 Mis à jour le 15 mai 2018

Chères étudiantes, chers étudiants, Chères et chers collègues, Les modalités choisies par certains pour contester la loi Orientation et réussite étudiante - blocages et occupation - ont conduit à déstabiliser l’établissement et à remettre en cause le travail fourni par les étudiants qui se sont préparés à passer leurs examens du semestre avec l’accompagnement des personnels enseignants et administratifs de l’université.

Date(s)
Le 15 mai 2018
Il est très regrettable que cette mobilisation sociale, qui a sa légitimité, se soit traduite par un tel gâchis d’énergie et de moyens, alors même que nous savons les contraintes importantes qui pèsent sur nos universités, et la situation de sous-encadrement notoire qui est la nôtre.

Un compromis, salué par l’immense majorité de la communauté, avait été adopté en conseil d’administration et en commission de la formation et de la vie universitaire voici dix jours : il permettait de valider le semestre, en adaptant les modes d’examen en fonction du contexte et des nécessités pédagogiques, dès lors que le blocage des bâtiments d’enseignement n’était pas levé. Dans ce cadre, seul un quart de l’ensemble total des examens devait être délocalisé, dans une proportion plus ou moins importante selon les UFR. Les équipes administratives et enseignantes se sont admirablement mobilisées en ce sens pour permettre la tenue de ces épreuves de substitution.

Cela n’a pas arrêté les plus radicaux qui, forts de soutiens extérieurs, se sont employés à empêcher ces examens, et ont fait primer le symbole sur les efforts et le travail déployés par les uns et les autres. C’est le signe que, pour ceux-là, la démocratie et la collégialité universitaire, sur lesquelles repose notre université, représentent bien peu de choses, tout comme la qualité de nos diplômes académiques et nos missions d’enseignement supérieur. De ces enjeux-là, l’on n’a pas vu les étudiants et les personnels résolus à bloquer l’université faire grand cas dans leurs mots d’ordre.

A la suite de la commission de la formation et de la vie universitaire qui s’est tenue ce lundi 14 mai, je souhaite vous redire de la manière la plus claire que nous ne braderons pas nos diplômes et que les examens se tiendront, fût-ce dans des formats inédits. Ce souci collectif, exprimé par les directions d’UFR et par la grande majorité des élus des conseils centraux, doit nous orienter pour parvenir de façon acceptable au terme de cette année universitaire, et il doit nous permettre de résister aux risques de déchirure de notre communauté maltraitée. Quelle que soit notre opinion sur la réforme en cours, quel serait l’intérêt de faire porter les conséquences des actions engagées sur les étudiants et sur les personnels de l’université ?

L’essentiel est à présent de maintenir le cap. Les hypothèses de déblocage et de délocalisation sont à cette heure invalidées par les expériences que nous avons pu vivre comme dans quelques autres universités : les violences et les annulations successives se multiplient. Nous ne ferons pas le pari d’un abandon du blocage dans les prochains jours. Nous ne pouvons pas non plus demander à nos équipes de se mettre à nouveau au travail, et à nos étudiants de se tenir prêts, pour des épreuves sur table dont la tenue reste encore incertaine. Afin de recouvrer la sérénité qui fait défaut, nous estimons raisonnable de renoncer à cette modalité d’évaluation pour cette session d’examen : les délocalisations prévues sont ainsi annulées. Les examens qui restent à tenir seront par voie de conséquence proposés sous les autres formes suivantes : oraux, épreuves en lignes écrites et en temps limité, travaux à la maison, mini-mémoires ou encore QCM en ligne, en fonction des choix pédagogiques des enseignants et en respectant un délai de convocation de cinq jours pour les épreuves en temps limité, afin de permettre aux étudiants de disposer du temps d’anticipation indispensable. Les équipes techniques travaillent déjà à la fiabilisation des solutions numériques qui permettront, le cas échéant, des examens en ligne à grande échelle. Ces types d’évaluation, notamment numériques, sont fiables et sérieux et sont de fait mis en œuvre dans de nombreux autres établissements d’enseignement supérieur, et pas seulement en temps de crise.

Dans leur grande majorité, les examens ont déjà eu lieu ou sont d’ores et déjà reprogrammés, et je remercie à nouveau tous les collègues pour leur dévouement, et tous les étudiants qui ont été empêchés de composer pour leur patience : en dépit des circonstances, nous allons, je l’espère, achever l’année universitaire dans le calendrier prévu, avant la coupure estivale, afin de ne pas hypothéquer le début de l’année universitaire prochaine. Ainsi, nous prenons en compte, autant que faire se peut, les différents types de contraintes que connaissent les étudiants, qu’il s’agisse de stages, d’emplois d’été, ou de départs à l’étranger.

Nous passons beaucoup de temps et dépensons beaucoup de nos forces collectives dans ces recherches d’adaptation aux contraintes que nous subissons. Croyez bien que j’en suis le premier désolé, tant nous avons d’autres actions et d’autres réflexions à mener. Le paradoxe des formes de contestation actuelles de la réforme en cours est, hormis le fait qu’elles conduisent à affaiblir les universités qu’elles sont censées défendre — en épuisant les personnels, en décourageant les étudiants, en jetant le discrédit sur nos établissements —, qu’elles ne permettent pas d’avoir les échanges souhaitables sur le fond de la réforme, sur les manières de l’amender, sur les projets que nous pourrions élaborer pour demander des moyens supplémentaires, pour améliorer les conditions de travail de tous et promouvoir une démocratisation réelle de l’accès à l’enseignement supérieur. Nous avons ainsi perdu plusieurs semaines qui auraient permis de préparer sereinement ces débats auxquels, je l’entends très distinctement, une partie de notre communauté désireuse de discuter sur le fond aspire. J’espère vivement que nous parviendrons très rapidement à trouver les conditions permettant d’avoir ces échanges, et au-delà de construire ensemble un projet d’université à la hauteur de nos aspirations communes.

En vous assurant de mon dévouement, de celui des directions de composante et de l’équipe présidentielle tout entière,

Jean-François Balaudé
Président de l’université

Mis à jour le 15 mai 2018