• (Présidence) L'université vous informe,

Droit de réponse concernant l'article de l'Humanité du jeudi 16 mai 2019

Publié le 20 mai 2019 Mis à jour le 20 mai 2019

« Vous avez publié, ce jeudi 16 mai, la tribune d'un collectif intitulée "Militer n'est pas un crime. Relaxe pour Victor, Mickaël et Roga". Il est à craindre que tous les signataires de cette tribune n’aient pas été pleinement informés de la nature réelle des faits invoqués, et qu'ils n'aient pas conscience des amalgames délibérés auxquels la tribune procède, ce qui est regrettable. Afin que votre lectorat se fasse, lui, son opinion de manière parfaitement éclairée, et qu’il considère de quel côté se trouve l’injustice, conformément aux objectifs de Jean Jaurès, fondateur de votre journal, nous nous devons de rétablir l'exacte vérité de ces faits.»

Date(s)

le 20 mai 2019

«En premier lieu, l’intervention de la police sur le campus de Nanterre en avril 2018 visait à empêcher la tentative d’occupation d'un bâtiment, comme il y en avait alors dans plusieurs universités françaises (Toulouse Jean Jaurès, Paris 1, Nantes, Strasbourg, Grenoble, etc), qui nous faisait craindre de graves dégradations du bien public et des conditions de travail. Cette intervention n'a jamais visé une assemblée générale, laquelle s’est malheureusement organisée au moment même de l’intervention sans que nous n’en ayons connaissance. Du reste, l’occupation a finalement bien eu lieu durant plusieurs semaines; elle a, comme nous le redoutions, dégradé fortement les conditions de travail des personnels, et a conduit à des dégâts évalués à un million d’euros, dans une université déjà sous-dotée.

En second lieu, les faits qui ont conduit à prendre un arrêté d’interdiction du territoire universitaire et à saisir une section disciplinaire au sein de l’université n’ont aucun rapport avec les précédents. L'arrêté et la saisine ne traduisent nullement une volonté d'empêcher les mobilisations, qu'elles aient eu pour but de contester l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers (contre laquelle la présidence de l’Université Paris Nanterre s’est particulièrement mobilisée) ou qu'elles aient porté sur tout autre sujet. Les assemblées générales et rassemblements, avant et après ces faits, se tiennent régulièrement sur le campus de Nanterre. Ils ne sont nullement entravés.

Sur la base de plus de vingt témoignages de personnels de l’université, pour des faits s’étalant de septembre à décembre 2018, deux étudiants se sont illustrés par un très grand nombre d’actes répétés qui ont nui fortement aux conditions d’études et de travail (perturbations systématiques d’examens, intrusions à plusieurs reprises dans des bureaux de personnels administratifs, intimidation d’agents publics, occupations durables de locaux publics), et ce en dépit de nombreuses négociations et médiations mises en œuvre.

Le conseil d’administration de l’université, notamment par la voix des représentants élus des syndicats de personnels et d’étudiants, a, à plusieurs reprises, exprimé, à la quasi unanimité, son souhait que des sanctions adéquates soient appliquées aux étudiants en question. C’est sur ce fondement que la présidence de l’université a pris les décisions attendues par la communauté et que la commission disciplinaire, organe indépendant de la présidence et composé d’élus (enseignants, administratifs, étudiants), a été saisie.

Les faits ont donc fort peu de rapports avec le contexte national actuel, tel qu'il est évoqué dans la tribune. Nous invitons chacune et chacun à respecter la sérénité des débats de la section disciplinaire de l’université. Celle-ci est en effet appelée à se prononcer en conscience et en toute indépendance sur les sanctions à appliquer à des étudiants dont le comportement n'est nullement représentatif des étudiants mobilisés contre les injustices, et que l’Université Paris Nanterre est fière de compter dans ses rangs.»

Mis à jour le 20 mai 2019