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Migrations, exils, errances, écritures

Publié le 18 janvier 2010 Mis à jour le 27 octobre 2010

Le premier colloque du travail à long terme engagé par le CREE (CREA, EA370)

Date(s)

du 18 juin 2010 au 19 juin 2010

Lieu(x)
dans le bâtiment B, salle des conférences et salle René Rémond
Le premier colloque du travail à long terme engagé par le CREE (CREA,  EA370) autour du thème "Migrations, exils, errances, écritures" se tiendra à l'Université Université Paris Nanterre la Défense les 18 et 19 juin 2010, dans le bâtiment B, salle des conférences et salle René Rémond.

Le Centre de Recherche Espaces/Ecritures , (CREA,( EA 370) envisage un travail à long  terme en collaboration avec la BDIC et la Cité Nationale de  l 'Immigration, en collaboration avec l'Université McMaster (Ontario, Canada) sur le thème Migrations, Exils, Errances, Ecritures .

Début juin 2010 auront lieu une journée d'étude et/ou un colloque qui pourraient  réunir d'une part les collègues  de Université Paris Nanterre intéressés par un tel travail et certains de  nos partenaires  étrangers. C'est dans une perspective résolument transdisciplinaire, que nous envisageons ce travail  qui réunira des collègues de sciences humaines et sociales.

Par la suite,  deux colloques internationaux seront organisés (juin  2011 et 2013). Les collègues de Université Paris Nanterre, quelle que soit leur discipline (droit,  sociologie, ethnologie, histoire, géographie,  lettres, philosophie  et langues) sont cordialement  invités à nous contacter en nous indiquant quel aspect de la question ils souhaitent ajouter, et peuvent d'ores et déjà proposer des pistes de recherches, ou des titres de communications. Nous souhaitons qu'ils n'hésitent pas à solliciter leurs doctorants .

Nous vivons dans un monde où les frontières s'abolissent, se transforment et se reforment dans d'incessantes fluctuations. Une totale recomposition de la géographie politique, économique et culturelle est en cours. Les chemins s'ouvrent et se multiplient pour les errances comme pour les exils sans qu'il y ait toujours de retour possible. Les espaces décloisonnés qui sont les nôtres sont autant de lieux nouveaux pour une quête de soi, qu'elle soit choisie dans la révolte contre un ordre établi, mûrement élaborée dans un projet  de questionnement philosophique, ou imposée par des conditions historiques, politiques, économiques qui ont mené au départ.

Les routes de l'errance se tracent dans la difficile réalité dont elle s'origine et  dans laquelle elle s'enracine mais également dans le désir d'un monde rêvé, celles de l'exil s'inscrivent souvent dans la perte et un deuil impossible, faisant de l'imaginaire ou de la mémoire l'ultime espace où demeurer.

L'exil se comprend alors, ainsi que l'explique Shmuel Trigano dans Le Temps de l'exil (18-19), comme "une expérience, de la perte, de la disparition, de l'absence": perte de l'espace qui est nécessairement un espace-temps, celui d'"avant la cassure du départ", mais également perte de l'être: "l''exil 'déracine' le moi" affirme également Trigano. Perdant cet espace qui l'habite, l'exilé se retrouve comme dépouillé de lui-même: l'expérience de l'exil s'apparente ainsi à celle de la mort.

La solitude qui accompagne l'éclatement du monde et des communautés d'autrefois peut ainsi conduire à penser que les lieux] de l'imaginaire et de la mémoire se multiplient au rythme des migrations, s'atomisant dans la diversité des parcours des uns et des autres.

Lorsque le lieu de chacun devient une "patrie imaginaire"( Salman Rushdie), la création qu'elle soit littéraire, plastique ou picturale apparaît avec force comme le langage nécessaire pour exprimer l'expérience des migrations, des exils et des errances. La contrée de prédilection de l'exilé n'est alors autre que le langage car c'est à travers la parole, celle du récit, du souvenir, de la nostalgie, que l'exilé redécouvre la présence, présence au monde, à soi et à l'autre.

Ainsi, pour reprendre à nouveau les concepts de Trigano (108) "il ne s'agit plus pour la conscience de réduire la perte [...] mais de la faire imploser". C'est le même mouvement qui préside au processus de déterritorialisation / reterrritorialisation décrit par Deleuze: "la racine principale a avorté [...] vient se greffer sur elle une multiplicité immédiate et quelconque de racines secondaires qui prennent un grand développement" (Mille Plateaux, 12). Ainsi, l'expérience de l'exil conduit l'artiste à errer à la frontière, à hanter les marges du langage, à s'ouvrir à d'autres langues, pour devenir cet "hôte [...] dont le métier est de demeurer vulnérable à de multiples présences étranges, qui doit garder ouvertes à tous les vents les portes de son logis du moment. (G. Steiner, Extraterritorialité, essai sur la littérature et la révolution du langage 48). La langue devient alors un nouvel espace de reterritorialisation, et l'écrivain "un sorcier [...] parce qu'écrire est un devenir, écrire est traversé d'étranges devenirs qui ne sont pas des devenirs-écrivain, mais des devenirs-rat, des devenirs-insecte, des devenirs-loup, etc." (Mille Plateaux, 293-4)

Ce projet pluriannuel  transdisciplinaire pourrait  s'inscrire dans la dynamique des pôles, et plus particulièrement dans celle du pôle Tout Monde.

Mis à jour le 27 octobre 2010