L'Enseignement Supérieur entre Nouvelle Gestion Publique et Dépression Economique

Publié le 23 novembre 2009 Mis à jour le 5 juillet 2010

Après un quart de siècle d'expérimentation dans plusieurs pays, et une abondance de critiques tant théoriques qu'empiriques, certains auteurs ont déjà rédigé la notice nécrologique de la Nouvelle gestion publique (NGP) . Pourtant cette mode – si c'en est une – continue à se répandre, sous l'influence entre autres de l'OCDE et de l'Union européenne.

Date(s)

du 11 décembre 2009 au 12 décembre 2009

Lieu(x)
<Libellé inconnu>


La France a signé en 2001 son acte d'entrée dans le club avec la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), et depuis appliqué les principes de la NGP à l'enseignement supérieur et à la recherche au travers d'une série de lois et d'innovations institutionnelles .

Le réseau international et pluridisciplinaire FOREDUC  étudie depuis plusieurs années les modalités de mise en œuvre et les conséquences de ce mouvement global sur les rapports de pouvoir et les structures de décision des systèmes éducatifs . Le but de son atelier de 2009 était à l'origine de synthétiser nos observations comparatives pour anticiper la forme spécifique que prendrait la NGP dans l'enseignement supérieur français. La confrontation des expériences montre en effet que si l'on observe une forte tendance à l'unification des principes de gestion de l'enseignement supérieur et de la recherche, la doctrine se décline différemment sur le terrain en fonction des rapports de pouvoir locaux entre acteurs concernés et de l'intensité des enjeux de compétitivité internationale de l'industrie de l'enseignement.

Mais la crise financière et économique intervenue entre temps aura certainement des effets importants dans le domaine des services publics en général, et de l'enseignement supérieur en particulier. Nous pouvons donc commencer à examiner comment, dans une phase de dépression, les variables politiques et économiques interagissent pour modifier la gouvernance de l'enseignement supérieur dans les pays où la NGP a été mise en œuvre. Cette situation expérimentale peut nous aider à affiner l'analyse des structures et des processus de décision dans l'enseignement supérieur, et peut-être à élaborer des scénarios prospectifs. Comment les décisions des agents seront-elles affectées et les rapports de pouvoir sur l'enseignement supérieur modifiés ? La mise en œuvre de la NGP sera-t-elle intensifiée, abandonnée, ou évoluera-t-elle vers l'Etat "neo-weberien", combinaison de la "vieille" et de la "nouvelle" gestion publique que certains recommandent  ?

[...]

Quel sera l'impact de la crise économique sur les politiques publiques d'enseignement supérieur ?

[...]

Dans la mesure où la dépression économique affectera différemment les régions du monde, modifiera la division internationale du travail, et éventuellement aura d'importantes conséquences politiques, l'évolution de la gestion publique de l'enseignement supérieur ne peut être anticipée. Mais une réflexion collective pour élaborer des scénarios peut contribuer à affiner l'analyse des rapports entre l'économique et le politique qui sous-tend la gestion publique.

Le but de cet atelier exploratoire est d'abord de caractériser l'expansion de la NGP dans l'enseignement supérieur, ses formes et ses conséquences dans des contextes nationaux différents ; ensuite de rassembler les premières informations disponibles sur l'impact de la récession économique sur la gestion publique de l'enseignement supérieur ; enfin de tenter de construire quelques scénarios prospectifs de la transformation des rapports de pouvoir qui gouvernent l'enseignement supérieur.


Mis à jour le 05 juillet 2010