Socio-anthropologie de la sexualité

Socio-anthropologie de la sexualité


Groupe de travail

du

Laboratoire d'analyses socio-anthropologiques du contemporain
(Lasco, Groupe de recherches (GDR) du Sophiapol)

co-responsables : Ph. Combessie & C. Deschamps


* * *      Recherches en cours     * * *

Mémoires de Master (ne sont indiqués ici que ceux qui ont été soutenus sans avoir donné lieu ensuite à une poursuite en thèse)

Thèses soutenues
  • Manuela BLANC (venue au Sophiapol-Lasco en doctorat "sandwich" pour effectuer une comparaison concernant la sociabilité en milieu échangiste à Paris et Rio-de-Janeiro)  (**thèse soutenue en 2013 à l'Université d'Etat Norte Fulminense**)
  • Guillaume BRIE : Traitement social de la criminalité sexuelle pédophile : rapports de pouvoir et lutte des représentations entre agents chargés du contrôle des condamnés (**thèse soutenue en 2012**)
  • Myriam JOEL-LAUF : La sexualité en prison de femmes (**thèse soutenue en  2012**)
  • Lardja KANATI : Des représentations sociales du VIH/sida à la construction d'une identité séropositive : analyse de discours en pays Moba (Nord Togo) [**thèse soutenue en 2011**]
  • Sibylla MAYER : Lieux de prostitution. Une analyse sociologique de la prostitution de rue à Luxembourg (cotutelle avec l'Université de Luxembourg, co-direction Ph. Combessie et M. Baumann)
    [**thèse soutenue en 2012**]
  • Lucie NAYAK : Sexualité et handicap mental. Enquête sur le traitement social de la sexualité des personnes désignées comme “handicapées mentales” en France et en Suisse (thèse en cotutelle avec l'Université de Genève, co-direction Ph. Combessie et C. Burton-Jeangros).
    [**thèse soutenue en 2014**] [En 2016, Lucie NAYAK est chargée de recherche à l'Inserm, en post-doc]

Thèses en cours
  • Anthony FOUET : Les usages socio-affectifs et socio-sexuels des applications de rencontres géolocalisées, sous la direction de Ph. Combessie (financement par contrat doctoral EOS)
  • Lucille GALLARDO : Mobilisations associations contre le sida ciblant les hommes ayant des relations avec des hommes en Afrique, sous la codirection de C. Deschamps et C. Broqua (financement ANRS)
  • Yagos KOLIOPANOS : Les travailleuses du sexe prennent la plume. Socio-histoire d'une écriture de soi., sous la direction de C. Deschamps (financement Région Île-de-France/Institut Émilie-du-Châtelet http://www.institutemilieduchatelet.org/)
  •  
  • Lara MAHI : les déterminants médicaux de la sanction pénale (exemple des pathologies VIH et cancer), sous la direction de Ph. Combessie (financement Sidaction)
  • Clément MERIC : les hommes atteints par une tumeur des cellules germinales, sous la direction de Ph. Combessie (financement Cancéropôle IdF)

Recherches post-doctorales

  • Christophe BROQUA : mobilisations collectives liées à l'homosexualité et au sida en Afrique francophone (financement ANRS)
  • Philippe COMBESSIE : femmes multipartenaires, pluripartenariat sexuel (rencontres sur Internet, relations polyamoureuses, sexualité collective)
  • Catherine DESCHAMPS : "femmes pluripartenaires à Paris : espaces, mixité, et risque VIH" (financement Sidaction)
  • Laurent GAISSAD : la construction de la compulsivité sexuelle dans le cadre de rencontres festives entre hommes (financement Sidaction)
  • Colin GIRAUD : processus de "gaytrification"
  • Vincent RUBIO : jeunes gais proposant des prestations sexuelles rémunérées (financement Sidaction - Kiosque Info Sida Toxicomanies) puis, depuis le mois de mai 2014 : les clients de la protitution masculine (financement ANRS)
  • Gabriel SEGRE : la sexualité dans les émissions de télévision
 
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Programme de recherche collective : espace public et sexualité

L'épreuve d'une sexualité dans l'« espace public » requiert que soit considérée la double acception de cette notion : le fait qu'elle renvoie à la fois à un espace d'opinions, de représentations, voire de définitions concurrentes et à un espace de pratiques sociales, en l'occurrence, sexuelles, en des lieux partagés, et parfois seulement bataillés entre diverses populations en présence, empiriquement et politiquement, donne parfois à penser tout le contraire de leur équivalence stratégique, et pour le moins, engage souvent à dire l'antagonisme de leur publicité.

 Au travers des effets cumulés de la planification urbaine ou sanitaire, et de l'actualité d'un traitement souvent idéologique et moral, l'effort réflexif déployé ici concerne tout particulièrement les prétentions discursives à définir de manière univoque les rapports du sexuel au social, évidemment irréductibles à la partition commode du privé au public. Face à une épidémie comme celle du sida, par exemple, la bonne volonté, profane ou experte, a parfois confondu l'opinion et l'expérience, l'idée et le phénomène : la publicité des espaces de sexualité en est ressortie moins lisible dans sa double acception. Considérer la dissonance dans les échanges médiatisés par Internet ou par la rumeur et leur réalisation s'avère-t-il indispensable, cela engage sûrement à prendre quelques précautions de méthode. De même, il y a lieu dans de nombreux domaines où le sexuel rencontre le politique de tracer plus finement le contour des nouvelles figures de la « dangerosité » dans les discours savants - psychologiques, socio-éducatifs, judiciaires - cristallisés sur les conduites à risques, en particulier si leur caractérisation contemporaine s'accompagne d'un tournant pénal dans la gestion de l'intime.

 

Pour l'essentiel, les recherches menées au sein de l'axe Sexualité et Espace Public du Lasco visent ainsi à examiner différents espaces de drague et de rencontres sexuelles tarifées ou non, et la manière qu'ont eu les sciences sociales de laisser certaines formes de désir sexuel dans l'ombre en particulier du point de vue du genre et de l'orientation sexuelle. Elles se développent à partir d'une série d'enquêtes en cours sur une grande diversité de terrains, de la prostitution, des lieux de drague homosexuelle, de l'échangisme et du multipartenariat sexuel, des sociabilités sexuelles entre hommes et femmes au quotidien, des formes d'intimité plus ou moins « exposées » depuis l'actualité médiatique des « scandales » ou des Secret stories aux situations d'incarcération, en passant par l'université et la rue, l'avènement des addictions, notamment sexuelles, l'actualité de la sexologie, l'émergence de l'assistance sexuelle auprès des publics en situation de handicap, l'action médico-légale en matière de pédophilie et d'inceste, ou la zoophilie.

Si la sexualité a pu être jugée « inobservable », l'objectif de cette nouvelle équipe consiste néanmoins à analyser les tensions à l'œuvre dans la publicité sexuelle en approchant directement la variété de ses espaces d'expression concrète. Au travers d'une mise à l'épreuve comparative et multisite chère à la démarche socio-anthropologique, il s'agit donc d'aborder à la fois la question du contrôle auquel les territoires sexuels - virtuels et réels - semblent soumis à première vue et, en même temps, de dégager les conditions qui rendent les pratiques tantôt spectaculaires, tantôt invisibles, aussi bien dans des espaces publics réels que « prises » dans l'opinion contemporaine, productions scientifiques comprises.

(Proposition synthétique de Laurent Gaissad - nov. 2009 - amendée mai 2010)
 

Mis à jour le 07 novembre 2016