Colloque -Mars 2006

Présentation

Le SOPHIAPOL (Groupe d'Etudes et d'Observation de la Démocratie)

en collaboration avec LA MAISON LEONARD DE VINCI

et la revue Controverses* 

                               COLLOQUE

Sous la direction de Shmuel Trigano

L'IDÉE NATIONALE FACE AU POST-MODERNISME

Mercredi 22 mars 2006.

Pôle universitaire Léonard de Vinci

2 avenue Léonard de Vinci, Courbevoie

Le processus de mondialisation a remis en question l'idée de la permanence de l'Etat-nation  et du lien qui unissait le régime démocratique à son existence. Son efficacité dans le domaine de l'économie, sa justesse morale dans la gestion du pouvoir et la reconnaissance des identités collectives sont couramment remises en question.  L'idée que nous sommes entrés dans une ère qui verra sa disparition s'est bien installée dans de larges secteurs de l'opinion. Le bouleversement des cadres sociaux et politiques que cette évolution produirait expliqueraient la crise contemporaine. Le processus de l'unification européenne donne tout son poids à cette perspective.  

Une idéologie met en forme ce courant, le postmodernisme dont les multiples manifestations ont gagné la culture dans toutes ses dépendances. Qu'en est-il de ce débat ? Relève-t-il d'un constat scientifique ou d'un parti-pris idéologico-politique ? 

Le projet du colloque est de faire le clair sur les tenants et aboutissants de la question, en mettant à contribution analyses sociologiques, jugements philosophiques et éthiques, positions politiques. Afin de mieux comprendre la nature du débat, les exemples de trois pays où il a suscité de très profondes divisions (France, Etats-Unis, Israël) seront l'objet  d'une investigation spécifique. Les régimes de ces Etats sont nés d'une rupture politique fondatrice s'accompagnant d'un messianisme, une « religion civile », qui a conféré à la nation une vocation plus que rationnelle. Dans ces trois pays, on retrouve aujourd'hui le même conflit entre « gouvernement des juges » et parlementarisme. Le « patriotisme constitutionnel » (et sa contre-partie multiculturaliste) y inspire la réécriture du récit national au nom d'une « démythologisation »  qui vise moraliser l'idée nationale... Le colloque ouvrira sur une réflexion sur le devenir de la nation. 

*Editions de l'Eclat, 51 Boulevard Saint Michel, 75005 Paris, Contact

Programme

Matinee :  10 h-12 h00 Entrée Libre

Présentation du colloque

Shmuel TRIGANO 

LE POST-MODERNISME ET LA NATION 

Lectures théoriques de la post-modernité

Danilo Martuccelli 

La nation, entre déconstruction et anesthésie

Gil DELANNOI 

L'émergence des nations ultra-étatiques

Stéphane DUFOIX 

Etre français dans l'Union européenne et la mondialisation : la fin d'un modèle 

Yves ROUCAUTE 
 

APRES MIDI :  14H-18H

TROIS cas de figure


 

La France peut-elle ne pas être une nation ?

Dominique SCHNAPPER 

E Pluribus Unum? Lidentité américaine entre le mythe de la nation universelle et le « saladier » (salad bowl) des différences

Laurent BOUVIER 

Invention démocratique et construction nationale en Israël : synthèse ou contradiction ?

DENIS CHARBIT 

LA NATION DOIT-ELLE, VA-T-ELLE, PEUT-ELLE  DISPARAÎTRE ? Pertinence du postnational?

Jean Marc FERRY 

La nouvelle puissance des nations

Nicolas TENZER 

Postmodernisme et postmodernité : deux lectures opposées de la fin de la nation

Yves BONNY 



 

Intervenants

  • Yves Bonny, maître de conférences en sociologie à l'Université de Rennes, spécialisé en théorie sociologique, sociologie historique et sociologie politique. Il a publié en 2004 Sociologie du temps présent : Modernité avancée ou postmodernité ? (Paris, Armand Colin, coll. U) et est membre du Groupe interuniversitaire d'étude de la postmodernité (Montréal).
  • LAURENT BOUVIER, professeur de science politique à l'Université de Nice et à Sciences Po (Paris). Auteur notamment de Le Fédéraliste. La démocratie apprivoisée (Michalon, 1997) et co-directeur du Dictionnaire de sciences politiques et sociales (Sirey, 2004), prépare actuellemen un ouvrage intitulé La fin du libéralisme américain. 
  • Denis Charbit, maître de conférences en science politique à l'Open University, Israël. Parmi ses publications:   Sionismes - Textes fondamentaux, (Albin Michel, 1998), « Retour sur Altneuland. La traversée des utopies sionistes" in Theodor Herzl, Altneuland -Nouveau pays ancien, (Editions de l'Eclat, 2004), « Déclinaisons du franco-judaïsme", in David Biale (dir.), Les Cultures des Juifs. Une nouvelle histoire,(( éd. de l'Eclat, 200)5. Traduction, notes et postface du recueil d'essais d'A.B. Yehoshua, Israël, un examen moral, (Calmann-Lévy, 2005).
  • Gil DELANNOI Directeur de recherche à la Fondation Nationale des Sciences Politiques auteur de Sociologie de la Nation, 1999 ; Théories du Nationalisme (co-direction avec P-A. Taguieff), 1993.
  • Stéphane Dufoix, maître de conférences en sociologie à l'Université Paris Nanterre, membre du Sophiapol et chercheur associé au Centre d'histoire sociale du XXe siècle (Paris-I), auteur de Les diasporas, (PUF, 2003) et co-directeur, avec Patrick Weil, de L'esclavage, la colonisation, et après..., (PUF, 2005).
  • Jean-Marc Ferry, philosophe, professeur à l'Université libre de Bruxelles, est, entre autres, l'auteur de Les Puissances de l'expériences (Cerf, 1991), Philosophie de la communication (Cerf, 1994), L'Allocation universelle (Cerf, 1995, 1996), L'Ethique reconstructive (Cerf, 1996), La Question de l'Etat européen (Gallimard, 2000), De la Civilisation (Cerf, 2001), L'Europe, l'Amérique et le monde (Pleins-Feux, 2004), Les Grammaires de l'intelligence (Cerf, 2004), Europe, la voie kantienne (Cerf, 2005). Son œuvre fut couronnée à deux reprises par l'Institut de France (Prix La Bruyère de l'Académie française ; prix Louis Marin de l'Académie des Sciences morales et politiques). Parmi ses dernières publications, en rapport avec le colloque, se trouvent Sociologies de la modernité (199), Grammaires de l'individu (2002) et La consistance du social (2005).
  • Yves Roucaute, professeur des universités. Agrégé de philosophie, docteur d'Etat en science politique, agrégé de science politique. auteur de "La Puissance de la liberté"(PUF), "Le néoconservatisme est un humanisme"(PUF), "Les démagogues" (Plon), "La république coptnre la Démocratie""( Plon).
  • Dominique SCHNAPPER Directrice d'Etudes à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Membre du Conseil constitutionnel.  Prix Balzan pour la sociologie 2002. Principaux ouvrages : Juifs et Israélites, (Gallimard, 1980) ; L'Epreuve du chômage, (Gallimard, 1981, rééd. Folio, 1994) ; La France de l'intégration. Sociologie de la nation en 1990, (Gallimard, 1991) ; La Communauté des citoyens. Sur l'idée moderne de nation, (Gallimard, 1994, rééd. Folio, 2003) ; La Relation à l'Autre. Au coeur de la pensée sociologique, (Gallimard, 1998) ; La compréhension sociologie. Démarche typologique, (P.U.F., 1999, rééd. Quadrige, 2005) ; Qu'est-ce que la citoyenneté ? (avec C. Bachelier) (Gallimard, 2000); La démocratie providentielle. Essai sur l'égalité contemporaine, (Gallimard, 2002).Diasporas et nations, Odile Jacob, 2006 (avec C. Bordes-Benayoun)
  • Nicolas Tenzer, ancien élève de l'ENS Ulm et de l'ENA, président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (CERAP) et directeur de la revue Le Banquet, auteur notamment de Philosophie politique (PUF, 1994, 2e éd. 1998), Le tombeau de Machiavel(Flammarion, 1997), La face cachée du gaullisme (Hachette littératures, 1998), Les valeurs des Modernes (Flammarion, 2003) et France : La réforme impossible ? (Flammarion, 2004).
  • Shmuel Trigano, professeur de sociologie à l'Université Paris Nanterre, directeur de la revue Controverses (Editions de l'Eclat), auteur notamment de L'idéal démocratique à l'épreuvve de la Shoa, (Odile Jacob, 1999),  Qu'est-ce que la religion ? La transcendance des sociologues, (Flammarion 2001, rééd. Champs-Flammarion, 2004), La séparation d'amour, une éthique d'alliance, (Arléa, 1998) Les Frontières d'Auschwitz, les ravages du devoir de mémoire, Livre de Poche-Hachette, 2005.

Mis à jour le 15 mai 2017