Colloque - Janvier 2006

Présentation

Groupe d'Etudes et d'Observation de la Démocratie

GEODE-SOPHIAPOL en collaboration avec la revue Controverses

                                COLLOQUE

Sous la direction de Barbara Lefebvre et de Shmuel Trigano 

LES POLITIQUES DE LA MEMOIRE EN FRANCE

ETAT DES LIEUX ET PERSPECTIVES


 

La mémoire est devenue l'enjeu d'un combat politique inédit. Des associations, des courants d'opinion, des personnalités se font les avocats de la mémoire et  des souffrances traumatiques vécues par des groupes humains à travers l'histoire. Par sa gravité, sa proximité dans le temps et la reconnaissance dont elle a bénéficié, cinquante ans après, la Shoa fait souvent figure de référence pour ces nouveaux acteurs politiques, au point de devenir prétexte à une concurrence jalouse.

Ce phénomène ne se produit que dans les Etats-nations démocratiques, dans des univers culturels où l'identité nationale semble affaiblie et contestée. L'Etat est le destinataire de cette revendication de reconnaissance identitaire, qu'il soit accusé d'occulter une histoire ou de surinvestir une autre. Pourquoi cette demande revêt-elle la forme de la mémoire ? Qu'en espèrent ceux qui la promeuvent ? Pourquoi l''instance législative doit-elle toujours être l'étape décisive de cette quête? Les théories de la « reconnaissance », de la « concurrence des victimes », de la « morale victimaire », expliquent-elles tout ?

"Devoir de mémoire", "travail de mémoire", «commémoration" « musées", comment envisager la politique de la mémoire en France au regard de sa gestion passée et de ses orientations actuelles ? Le face à face entre un Etat incarnant l'oppression et ses multiples victimes conduit-il à une mémoire collective apaisée ou génératrice de conflits? Quelles perspectives nouvelles peuvent apporter sociologues, philosophes, historiens ?

Programme

  • Matinee :  10 h-12 h00

  • PENSER LES POLITIQUES  DE LA MEMOIRE. Enjeux épistémologiques

« Mémoire » et politique

Shmuel TRIGANO 

 Histoire et mémoire

Stéphane Dufoix 

Droit et mémoire

Michel ZAOUI 

Ethique et mémoire

Pascal BRUCKNER 

  • APRES MIDI :  14H-18H
  • LES POLITIQUES DE LA MEMOIRE.   

L'enseignement scolaire de l'histoire face aux mémoires

Barbara LEFEBVRE 

La Shoah  et l'institutionnalisation du « devoir de mémoire »

Renée DRAY-BENSOUSSAN 

Le sens de la reconnaissance française du génocide arménien.

Yves TERNON 

Ombres et lumières sur la guerre d'Algérie en France (1962-2005)

Raphaelle BRANCHE 

La reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité 

Françoise VERGES 

La France face au génocide tutsi.

Marcel KABANDA 

L'identité homosexuelle et la mémoire de la Seconde guerre mondiale 

Florence TAMAGNE 

Lieu

Université Paris Nanterre

Salle Max Weber, Batiment K

RER A, gare Nanterre -Université



 

Les intervenants

Raphaelle BRANCHE, historienne, maître de conférence à l'Université de Paris I-Sorbonne, a publié La guerre d'Algérie : une histoire apaisée ? L'histoire en débat, Points-Seuil, 2005.

Pascal BRUCKNER, écrivain et philosophe, auteur notamment de Le sanglot de l'homme blanc, tiers monde, culpabilité, haine de soi, Points- Seuil,2002 (1ère parution 1983),  La mélancolie démocratique, Points-Seuil, 1992, ou encore La tentation de l'innocence, Grasset,1995.

Renée DRAY-BENSOUSSAN, historienne agrégée d'histoire, docteur en  histoire contemporaine et professeur  à l'IUFM, chercheur à la MMSH . Présidente régionale de l'APHG et d'ARES. Dernière parution,   Les juifs à Marseille de 1940 à 1944, Les Belles Lettres, Paris, 2004.

Stéphane Dufoix, maître de conférences en sociologie à l'Université Paris Nanterre, membre du Sophiapol et chercheur associé au Centre d'histoire sociale du XXe siècle (Paris-I), auteur de Les diasporas, PUF, 2003 et co-directeur, avec Patrick Weil, de L'esclavage, la colonisation, et après..., PUF, 2005.

Marcel KABANDA , historien, consultant auprès de l'UNESCO à la Division de la prospective, de la philosophie et des sciences humaines, a contribué au livre de Jean Pierre Chrétien, Rwanda : les médias du génocide, Karthala, 2000.

Barbara LEFEBVRE, enseignante dans le Secondaire, co-auteur avec Eve Bonnivard de Elèves sous influence, Audibert - Doc en stock, 2005. Elle a contribué aux ouvrages collectifs Les territoires perdus de la République sous la direction d'Emmanuel Brenner (Mille et Une Nuits, 2002, Comprendre le Proche-Orient. Une nécessité pour la République sous la direction de Frédéric Encel et Eric Keslassy, Bréal, 2005, 1905-2005, un siècle de liberté et de respect , sous la direction de Richard Serero et Philippe Benassaya, LICRA, 2005.

Yves TERNON, historien du crime génocidaire et de ses  négationnismes; auteur notamment de 1915-1917, le génocide des Arméniens, avec Gérard Chaliand, Complexe, 1984, Enquête sur la négation d'un génocide, Parenthèses 1992, L'innocence des victimes : Au siècle des génocides, DDB, 2001.

Shmuel Trigano, professeur de sociologie à l'Université Paris Nanterre, auteur notamment de L'idéal démocratique à l'épreuvve de la Shoa, Odile Jacob, 1999, et de Les Frontières d'Auschwitz, les ravages du devoir de mémoire, Livre de Poche-Hachette, 2005, éditeur du  numéro spécial de la revue Pardès, « Penser Auschwitz « , Le Cerf, 1989.

Françoise VERGES, historienne et vice-présidente du Comité pour la Mémoire de l'esclavage, auteur de De l'esclave au citoyen,avec Philippe Haudrère (Gallimard, 1998),  Abolir l'esclavage, une utopie coloniale : Les Ambiguïtés d'une politique humanitaire (Albin Michel, 2001), Mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions : Rapport à Monsieur le Premier ministre, (La Découverte, 2005),

Michel ZAOUI, avocat au barreau de Paris. Il a notamment été l'avocat de parties civiles lors des procès Barbie, Touvier et Papon.


 


 

Mis à jour le 15 mai 2017